Le Soudan du Sud signe un pacte présidentiel

2024 : Le président du Soudan du Sud, S.E. Salva Kiir Mayardit, a signé aujourd’hui le Pacte des chefs d’État sur l’eau et l’assainissement, une étape décisive pour garantir à tous les citoyens le droit à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène (WASH).

La signature du Pacte sur l'eau et l'assainissement marque une avancée significative dans l'amélioration de la situation en matière d'eau et d'assainissement au Soudan du Sud, qui est confronté à de nombreux défis climatiques, sociaux et économiques. Ce pacte trouve son origine dans la Conférence mondiale de l'ONU sur l'eau qui s'est tenue à New York en mars 2023. Il repose sur des engagements clairs qui prévoient une augmentation des dotations budgétaires, des sources de financement innovantes et des plans pour la construction d'infrastructures essentielles dans les domaines de l'eau et de l'assainissement.

« L'accès à l'eau potable et un environnement sain sont essentiels à la croissance et à la prospérité d'un pays. C'est pourquoi le gouvernement doit créer les conditions propices permettant au secteur de l'eau, de l'assainissement et de l'hygiène (WASH) d'élaborer, de gérer et de réviser ses politiques, stratégies et lignes directrices, notamment en adoptant le projet de loi sur l'eau », a déclaré le président Kiir.

La cérémonie de signature s'est déroulée au bureau du président, en présence des ambassadeurs du Japon, de l'Allemagne et des Pays-Bas, ainsi que des représentants nationaux de la Banque africaine de développement et de la Banque mondiale.

Le Soudan du Sud est confronté à d'énormes défis en matière d'eau, d'assainissement et d'hygiène, qui ont des répercussions négatives sur la santé, notamment sous forme de malnutrition, d'absentéisme scolaire, de perte de revenus pour les ménages et de baisse de la productivité de la main-d'œuvre. L'accès à l'approvisionnement en eau de base est passé de 41 % en 2010 à 39 % en 2020. Au cours de la même période, l'accès à des installations sanitaires adéquates est passé de 7 % à 14 %, tandis que la défécation en plein air a légèrement diminué, passant de 71 % à 63 %. Pour la première fois, des données sur le lavage des mains sont disponibles ; seuls 22 % de la population disposent d'installations pour se laver les mains avec de l'eau et du savon à leur domicile.

En février dernier, le Soudan du Sud a accueilli à Juba la Conférence d'évaluation sectorielle conjointe WASH, un événement majeur qui a réuni plus de 400 experts locaux et internationaux dans les domaines de l'eau, de l'assainissement et de l'hygiène. Cette évaluation a abouti à une déclaration commune qui en a défini les grandes lignes.

Le pacte de l’Initiative des chefs d’État du Soudan du Sud sur l’eau et l’assainissement a été lancé lundi par le deuxième vice-président, S.E. le Dr James Wani Igga, lors d’une cérémonie qui a réuni des acteurs du secteur de l’eau et de l’assainissement, notamment des ministères, des bailleurs de fonds et des agences des Nations Unies, afin de relever les défis liés à l’eau et à l’assainissement. Le président a salué le soutien continu des Nations Unies et des partenaires de développement, qui travaillent main dans la main avec le gouvernement pour faire avancer le programme en matière d'eau et d'assainissement. Le Royaume des Pays-Bas est un donateur clé qui promeut les accords sur l'eau, l'assainissement et l'hygiène à l'échelle mondiale et soutient généreusement de nombreux projets au Soudan du Sud.

« Alors que le Soudan du Sud s'engage dans cette grande initiative, le Royaume des Pays-Bas tient à vous assurer de son engagement en poursuivant le soutien à long terme qu'il apporte au secteur de l'eau au Soudan du Sud, un engagement qui a débuté dans les années 1970. Ce soutien se poursuit aujourd'hui grâce à notre partenariat avec l'UNICEF, qui permet de fournir de l'eau potable et des services d'assainissement dans les États de Jonglei, des Lacs, de l'Équatoria occidental et de l'Équatoria oriental », a déclaré Marjan Schippers, ambassadrice du Royaume des Pays-Bas au Soudan du Sud.

Le Pacte pour l'eau et l'assainissement, élément essentiel du projet « Initiatives des chefs d'État », constitue une initiative novatrice visant à faire progresser les services d'approvisionnement en eau, d'assainissement et d'hygiène au Soudan du Sud. Le Soudan du Sud est le premier pays du continent et le deuxième au monde à voir un chef d'État signer ce pacte.

« La signature de ce pacte marque un tournant décisif pour le Soudan du Sud. Pour que ce pays puisse réaliser ses ambitions, il sera essentiel que ce pacte soit soutenu par des partenariats et alimenté par des investissements de grande envergure dans les domaines de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène », a déclaré Catarina de Albuquerque, directrice générale du partenariat « Assainissement et eau pour tous », coordonné par l’UNICEF.

« Les conditions en matière d’eau, d’assainissement et d’hygiène au Soudan du Sud ont un impact considérable sur la santé, la nutrition, l’éducation, la protection et les moyens de subsistance des femmes et des enfants. Cela préoccupe grandement l’UNICEF, et nous nous réjouissons de voir le gouvernement s’engager à relever ces défis au cours des six prochaines années », a déclaré Hamida Lasseko, représentante de l’UNICEF au Soudan du Sud. L'un des principaux objectifs du Pacte est de faire en sorte que, d'ici 2030, le Soudan du Sud soit exempt de défécation à l'air libre ; le gouvernement dirigera des programmes de mise en œuvre soutenus par des partenaires afin d'améliorer l'accès aux services essentiels pour atteindre cet objectif ambitieux.

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